Entrevue avec Monsieur l’eurodéputé Sandro Gozi
Eurodéputé auprès du groupe Renew Europe, membre de la Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) ainsi que celle en charge des affaires constitutionnelles (AFCO).
Cet interview a eu lieu juste avant le Sommet européen sur l’Ukraine
Concernant les grands projets de la législature Un de ses focus sera sur les dossiers numériques comme l’intelligence artificielle. L’autre priorité sera la consommation durable et, pour finir, la protection des
consommateurs.
● Pour les dossiers numériques : s’assurer de la bonne application des mesures prises lors de la législature précédente. Notamment le DMA (Digital Markets Act) et DSA (Digital Services Act). Il existe un groupe de travail au sein du comité IMCO qui s’en occupe.
● En ce qui concerne la consommation durable et la protection des consommateurs, M. Gozi est rapporteur d’un dossier important, les « Green Claims ». Très important dans la lutte contre le green-washing afin d’éviter que certains consommateurs soient floués lors de leurs achats.
Outre ces priorités, M. Gozi attend de comprendre comment la Commission européenne va développer sa priorité de « Digital Fairness ».
Sa vision de cette Commission européenne
M. Gozi considère qu’il faudra mettre la pression sur la Présidente de la Commission européenne afin que ces 5 années servent à l’Europe. Vu l’organisation très centralisée de la Commission, le Parlement devra être très exigeant, politiquement parlant, avec la Présidente.
La stabilité de l’Union européenne en cette période trouble est importante. Comment voyez-vous les prochaines étapes de la construction européenne ?
Nous sommes face à une crise existentielle pour l’UE. Sans réagir maintenant, il en va de la survie même du projet européen.
Pour ce faire, il faudra voir le sens de l’urgence et le sens de la clairvoyance.
Sens de l’urgence : intervenir immédiatement où sont les crises les plus aigües. Je fais donc référence ici à la Défense européenne. En d’autres termes, comment augmenter notre sécurité et la dépense militaire. Mieux intégrer les industries de défense européenne.
Vos paroles font écho à celles de Mario Draghi. En tant que membre d’AFCO, des réformes devraient suivre sur le long terme au niveau de l’UE et des traités ?
Il y a peu d’appétit réformateur au Conseil, pour le moment, mais elles vont s’imposer car incontournables.
Tout simplement parce que l’Union européenne a besoin de plus de ressources et de plus d’efficacité.
Au niveau des ressources, j’entends repenser et augmenter le budget de l’UE. Au niveau de l’efficacité, j’entends enlever les vetos et réformer les processus de décisions
de l’UE notamment les règles de majorité qualifiée ou d’unanimité.
La frilosité du Conseil se retrouve aussi au Parlement avec peu d’enclin aux réformes. Néanmoins, je considère que si on veut élargir l’UE à 5-6 pays dans un avenir proche cela devra se faire avec une UE qui fonctionne mieux.
Les réformes sont donc incontournables !
Et s’il y a peu d’appétit aux réformes, nous allons devoir comprendre que d’autres ont cet appétit. Je pense à Donald Trump ou Vladimir Poutine car sans réformes, nous allons nous retrouver au menu de ces chefs d’Etat.
N’ayons pas de tabous et, surtout, donnons-nous un objectif clair, comme 2030, pour avoir réformé la gouvernance de l’UE.
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