Entrevue avec Monsieur l’eurodéputée Marc Angel
Eurodéputé auprès du groupe S&D, Questeur et membre du Bureau du Parlement européen. Également membre de la commission de l’emploi et affaires sociales (EMPL) et suppléant dans la commission marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) et dans la Commission des affaires constitutionnelles. L’interview a eu lieu avant le Sommet européen sur la défense et l’Ukraine Concernant les grands projets de la législature en commissions EMPL et IMCO Il y a une continuité dans mon mandat puisque j’étais déjà membre de ces commissions durant la législature précédente. On va devoir être vigilant sur les possibles retours en arrière de certaines législations sociales et environnementales, par exemple à travers les paquets « omnibus ». Je vais aussi avoir un regard sur l’impact des technologies sur le monde de l’emploi. Je serai d’ailleurs le porte-parole de mon groupe sur le rapport d’initiative sur les technologies digitales, le management algorithmique et l’intelligence artificielle au niveau du marché du travail. Par ailleurs, l’Union des compétences qu’a publié la Commission ces jours-ci est important car l’UE souffre de manque de main d’œuvre. Les compétences vont être donc fondamentales.
Quelques réformes sur lesquelles vous allez être attentif ?
D’un côté, ma préoccupation se situe sur la directive Omnibus. J’entends que la Commission désire simplifier mais j’ai des craintes que simplification veuille dire dérégulation. Au niveau des marchés publics, là aussi des réformes devraient arriver. Mon espoir est que les dimensions sociale et environnementale soient prises en compte durant les négociations.
Cette législature sera-t-elle bien plus à droite que la précédente sur les décisions prises ?
Le mot-clé de tous les discours en ce moment est compétitivité. Par contre, on n’entend plus les éléments sociaux et environnementaux. Si le Groupe S&D veut bien évidemment aussi renforcer la compétitivité de l’Europe, la cohésion sociale entre les citoyens et entre les pays, et la protection de l’environnement doivent rester une priorité.
À propos de votre travail de Questeur et membre du Bureau au Parlement ?
Je suis par exemple responsable du matériel informatique des députés. Je suis également en charge des relations avec les autorités nationales et locales dans les trois lieux de travail du Parlement, à savoir Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg. En outre, je préside le comité consultatif chargé d’examiner les plaintes pour harcèlement qui concernent des députés au Parlement européen. Dans ce contexte, chacune et chacun doivent d’ailleurs désormais suivre une formation pour prévenir les conflits et le harcèlement au travail et favoriser la bonne gestion des équipes. Pour finir, je suis également membre du groupe de travail sur la transformation numérique, la cybersécurité et la sécurité de l’information.
Et sur l’avenir de l’Union européenne et son rôle sur la scène internationale ?
Nous devons avoir une approche décomplexée. En effet, il n’y a pas que les Etats-Unis et la Chine, il y a aussi l’Europe. Nous sommes une force commerciale et politique. Nous ne devons pas avoir de complexe d’infériorité car nous sommes tout de même un marché de 450 millions de citoyens. Le grand débat autour de la défense européenne va peut-être aussi permettre un renforcement de la dimension européenne de l’OTAN.
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